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Perspectives des marchés provinciaux de l’habitation :

fortes révisions à la baisse dans un contexte de difficultés persistantes dans le secteur

Rishi Sondhi, économiste | 416-983-8806

date publiée: 26 mars 2026

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    Le graphique 1 est un graphique à barres illustrant la croissance sur trois mois des ventes de propriétés au Canada (en %) et compare les prévisions de mars à celles de décembre. Au troisième trimestre de 2025, la croissance a été revue à un taux d’environ 6 % en mars, contre environ 6,5 % à 7 % en décembre. Le quatrième trimestre de 2025 affiche désormais une baisse d’environ 2 %, contre un léger gain de près de 0,5 % précédemment. La révision à la baisse la plus importante a eu lieu en lien avec le premier trimestre de 2026, qui s’établit maintenant à environ -7 %, contre environ +2 % auparavant. La croissance rebondit au deuxième trimestre de 2026 pour s’établir à environ 5 % contre environ 2 % en décembre, mais demeure plus faible au troisième trimestre de 2026 (environ 1 % contre environ 2,5 %) et au quatrième trimestre de 2026 (environ 1,5 % contre environ 2 %).
  • Les rendements plus faibles que prévu au quatrième trimestre de 2025, et en particulier au premier trimestre de 2026, ont entraîné une forte révision à la baisse de nos prévisions à l’égard des taux moyens annuels de revente des propriétés et de croissance des prix au Canada en 2026 (graphique 1). Bien que les phénomènes météorologiques violents dans le centre du Canada et dans les provinces de la région de l’Atlantique aient pesé sur l’activité au début de l’année, la faiblesse des marchés était également évidente en Colombie-Britannique, où les conditions météorologiques ont été plus modérées. Les ventes devraient prendre la majeure partie de l’année pour récupérer les pertes subies au premier trimestre, car les marchés du logement demeurent limités par une économie atone, une incertitude accrue et des pressions persistantes sur le coût de la vie.
  • Le taux directeur devrait être un facteur largement neutre pour les perspectives en 2026 (graphique 2), la Banque du Canada étant susceptible d’adopter une approche attentiste, tandis qu’aucune fluctuation importante des taux obligataires n’est prévue (lesquels aident à déterminer les taux hypothécaires fixes). 
  • La population du Canada a diminué l’année dernière pour la première fois depuis la Confédération canadienne, en raison des pertes démographiques en Ontario et en Colombie-Britannique (graphique 3). La baisse des loyers et de la demande locative décourage l’activité des investisseurs dans les deux provinces. L’Alberta se distingue par sa croissance démographique qui est la plus forte à l’échelle nationale, soutenue par l’immigration. Les migrants interprovinciaux continuent de se diriger vers la province, ce qui stimule la demande de propriétés.
  • Le graphique 2 est un graphique linéaire montrant le taux directeur de la Banque du Canada, qui est passé d’environ 5,0 % au premier trimestre de 2024 à 4,75 % au deuxième trimestre de 2024, à 4,25 % au troisième trimestre de 2024, et à 3,25 % au quatrième trimestre de 2024, puis qui est descendu à environ 2,75 % au premier trimestre de 2025 et à 2,5 % au troisième trimestre de 2025. Du quatrième trimestre de 2025 au quatrième trimestre de 2026, le taux directeur devrait demeurer stable à 2,25 %. Le graphique 3 est un graphique à barres montrant la croissance démographique sur 12 mois au début du premier trimestre de 2026. L’Alberta arrive en tête affichant un taux d’environ +1,2 %, tandis que les provinces de l’Atlantique et le Manitoba et la Saskatchewan se situent près de +0,1 %. Le Québec enregistre un taux légèrement négatif d’environ -0,1 % et le Canada dans son ensemble, d’environ -0,25 %. Les baisses les plus importantes ont été observées en Colombie-Britannique (environ -0,7 %) et en Ontario (environ -0,7 %).
  • L’Ontario et la Colombie-Britannique ont connu les baisses les plus marquées des ventes et des prix après un important fléchissement au premier trimestre. En plus des difficultés macroéconomiques plus générales, l’abordabilité limitée continue de peser sur la demande, et la baisse des prix devrait garder les acheteurs potentiels sur la touche en attente d’un creux plus évident (graphique 4). La demande accumulée n’a pas refait surface aussi rapidement que prévu (graphique 5), ce qui donne à penser que d’autres baisses de prix pourraient être nécessaires pour la débloquer. Le marché des copropriétés de la région du Grand Toronto (RGT) demeure le plus faible au pays, l’offre élevée devant être absorbée avant que les prix ne puissent se stabiliser (graphique 6). Les conditions favorisent les acheteurs dans la RGT, les régions avoisinantes et le sud-ouest de l’Ontario, tandis que les marchés sont un peu plus solides dans l’est de l’Ontario et beaucoup plus serrés dans le nord de l’Ontario (graphique 7).
  • Le graphique 4 est un graphique à barres montrant la croissance sur 12 mois des prix moyens des propriétés (moyenne mobile sur trois mois) par région. La Saskatchewan et le Manitoba arrivent en tête avec des gains d’environ +8,5 %, suivis du Québec, qui affiche des gains de près de +6,2 %. Les provinces de l’Atlantique et l’Alberta ont enregistré des hausses modérées d’environ +2,9 % et +2,8 %, respectivement. Le Canada dans son ensemble affiche un taux légèrement négatif d’environ -1,5 %, tandis que la Colombie-Britannique et l’Ontario enregistrent des baisses plus importantes d’environ -3,4 % et -5,6 %, respectivement. Le graphique 5 est un graphique linéaire montrant les ventes mensuelles de propriétés en milliers pour l’Ontario (à gauche, ligne verte) et la Colombie-Britannique (à droite, ligne vert foncé), de mars 2019 à septembre 2025. La moyenne des ventes en Ontario était d’environ 15 000 à 20 000 avant 2020, a chuté à environ 7 000 en avril 2020, a rebondi à environ 26 000 au début de 2021, puis a reculé à environ 12 000 à 14 000 de 2023 à 2025. La moyenne des ventes en Colombie-Britannique était d’environ 5 000 à 7 000 avant 2020, a chuté à environ 3 000 en avril 2020, a culminé à près de 13 000 au début de 2021, puis a diminué à environ 6 000 à 7 000 de 2023 à 2025, demeurant près des creux enregistrés dans les deux provinces.
    Le graphique 6 est un graphique linéaire montrant la hausse des inscriptions de copropriétés actives dans la RGT (en milliers) au fil du temps. Les inscriptions passent d’environ 2 200 en 2000 à 5 500 en 2004, fluctuent entre 4 500 et 6 500 de 2005 à 2014, chutent à un creux de près de 2 000 en 2016, puis augmentent fortement après 2021, atteignant un sommet d’environ 10 000 en 2024, avant de reculer à environ 8 000 en 2025. Le graphique 7 est un graphique à barres montrant les rapports ventes-nouvelles inscriptions pour février (moyenne mobile sur trois mois) dans l’ensemble des régions de l’Ontario. La RGT affiche le taux le plus bas, soit environ 34 %, suivie de la couronne métropolitaine de la RGT (37 %) et de la région des chalets (38 %). Les rapports augmentent à 41 % dans le sud-ouest de l’Ontario et à 46 % dans l’est de l’Ontario, et sont les plus élevés dans le nord de l’Ontario, à environ 64 %. Une ligne pointillée indique que la moyenne après la crise financière mondiale est de près de 58 %, ce que seul le nord de l’Ontario dépasse.
  • Dans la région des Prairies, le ralentissement de la croissance de l’emploi et de la population devrait se traduire par des gains de prix trimestriels inférieurs à la tendance cette année. En Alberta, l’augmentation rapide de l’offre et la normalisation de la demande ont rééquilibré les marchés. En revanche, les conditions demeurent plus tendues au Manitoba et en Saskatchewan, où la croissance de l’offre a été plus limitée (graphique 8). Ce resserrement des points d’entrée, combiné à l’abordabilité relativement élevée en Saskatchewan, devrait soutenir des hausses de prix plus marquées dans ces provinces.
    • Les prix du pétrole ont monté en flèche dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. À ce stade, personne ne sait comment la situation évoluera, mais notre hypothèse d’un conflit plus court signifie que les prix du pétrole ralentiront après avoir atteint des sommets au deuxième trimestre, mais resteront tout de même supérieurs à nos prévisions précédentes pour cette année (graphique 9).
    • Le graphique 8 est un graphique à barres montrant les rapports ventes-nouvelles inscriptions pour février 2026 (moyenne mobile sur trois mois). Le Manitoba occupe le premier rang, s’établissant à environ 71 %, suivi de la Saskatchewan, à environ 69 %. L’Alberta affiche environ 61 % et le Canada dans son ensemble, à environ 48 %, se classe au dernier rang. Les losanges rouges indiquent qu’après la crise financière mondiale, la moyenne est d’environ 65 % pour le Manitoba, d’environ 53 % pour la Saskatchewan, d’environ 58 % pour l’Alberta et d’environ 59 % pour le Canada dans son ensemble. Le graphique 9 est un graphique linéaire montrant les prix du pétrole West Texas Intermediate (en $ US le baril) du troisième trimestre de 2024 au premier trimestre de 2026, et compare les prévisions de décembre à la trajectoire actuelle. Les prix passent d’environ 75 $ à la fin de 2024 à environ 60 $ au quatrième trimestre de 2025 dans les deux séries de données, mais la trajectoire actuelle bondit fortement pour atteindre environ 95 $ au premier trimestre de 2026, ce qui s’écarte des prévisions de décembre, qui avaient prévu des prix s’établissant légèrement en dessous de 60 $.
    • La hausse des prix de l’énergie est un avantage net pour l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador. Nos modèles nous indiquent que, compte tenu de nos hypothèses sur la trajectoire des prix du pétrole, les prix moyens des propriétés en Alberta pourraient être d’environ 1 % plus élevés d’ici la fin de 2026, comparativement à une situation où le pétrole a évolué conformément à nos prévisions de décembre. On pourrait attribuer environ la moitié de cette augmentation à la Saskatchewan. Un gain semblable à celui en Alberta pourrait se manifester à Terre-Neuve-et-Labrador, avec un certain risque de hausse, car le resserrement du marché dans la province pourrait amplifier la hausse des prix. À l’inverse, la hausse des coûts de l’énergie sape le pouvoir d’achat à divers degrés dans d’autres régions du pays, ce qui pourrait peser sur la demande de logements.
  • Dans les provinces de l’Atlantique, Terre-Neuve-et-Labrador devrait afficher la plus forte croissance des prix dans la région cette année, reproduisant son rendement de 2025 (graphique 10). La hausse des prix du pétrole, le resserrement de l’équilibre entre l’offre et la demande, et le maintien de logements abordables devraient soutenir les gains, tandis que l’économie demeure relativement à l’abri des frictions commerciales découlant des États-Unis. Les migrants interprovinciaux continuent de se diriger vers l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse, ce qui fait grimper la demande et les prix des logements. Les deux économies devraient également profiter d’une croissance économique raisonnable cette année, ce qui devrait soutenir les gains de prix. La baisse de la migration interprovinciale au Nouveau-Brunswick soutient notre point de vue sur une croissance des prix relativement modeste dans la région cette année (graphique 11).
  • Le graphique 10 est un graphique à barres montrant la variation en pourcentage sur 12 mois des prix moyens des propriétés dans les provinces canadiennes de l’Atlantique pour 2025 et 2026. À Terre-Neuve-et-Labrador, les prix augmentent d’environ 8,3 % en 2025 et de 5,5 % en 2026. En Nouvelle-Écosse, la croissance est d’environ 5,5 % en 2025 et d’environ 4,7 % en 2026. L’Île-du-Prince-Édouard affiche un taux de croissance plus lent d’environ 2,5 % en 2025, qui grimpe à 3,9 % en 2026. Au Nouveau-Brunswick, les prix ont augmenté d’environ 5,6 % en 2025, et la croissance ralentit pour s’établir à environ 2,9 % en 2026. Le graphique 11 est un graphique linéaire montrant la migration interprovinciale nette (en nombre de personnes) du premier trimestre de 2023 au quatrième trimestre de 2025 pour le Nouveau-Brunswick et le reste de la région de l’Atlantique. Pour les autres provinces de l’Atlantique, les entrées nettes commencent aux alentours de 2 750 au premier trimestre de 2023, diminuent à environ 2 250 au troisième trimestre de 2023, atteignent un sommet de près de 2 900 au quatrième trimestre de 2023, puis diminuent à environ 1 100 au quatrième trimestre de 2024, avant de se stabiliser aux alentours de 1 050 à 1 200 au troisième trimestre de 2025 et d’augmenter à environ 1 350 au quatrième trimestre de 2025. Au Nouveau-Brunswick, les entrées nettes commencent près de 1 150 au premier trimestre de 2023, grimpent à environ 1 350 au quatrième trimestre de 2023 et culminent à environ 1 500 au premier trimestre de 2024, avant de baisser fortement à environ 100 au troisième trimestre de 2024 et à environ 200 au quatrième trimestre de 2024. En 2025, les entrées nettes au Nouveau-Brunswick se retrouvent en territoire négatif, s’établissant à environ -300 au deuxième trimestre de 2025, et s’améliorant légèrement pour afficher environ -100 au quatrième trimestre de 2025.
  • Au Québec, la détérioration de l’abordabilité, la faiblesse de l’économie et le ralentissement rapide du marché de l’emploi devraient peser sur les ventes de propriétés et les prix moyens à mesure que l’année progresse (graphique 12), mais le resserrement de l’équilibre entre l’offre et la demande en début d’année devrait soutenir une croissance convenable pour les prochains mois, menant à un gain global solide en 2026.
  • Le graphique 12 est un graphique à barres montrant la variation en pourcentage sur 12 mois du produit intérieur brut (PIB) réel et de l’emploi au Québec de 2024 à 2026. En 2024, le PIB réel a augmenté d’environ 1,7 %, tandis que le taux de croissance de l’emploi est en hausse d’environ 0,9 %. En 2025, la croissance du PIB réel ralentit à environ 1,0 % et la croissance de l’emploi augmente à environ 1,7 %. En 2026, la croissance du PIB réel ralentit davantage pour s’établir à environ 0,8 %, tandis que l’emploi recule d’environ 0,3 %. Les valeurs pour 2026 sont présentées sous forme de prévisions.
  • En 2027, l’amélioration du contexte économique et des conditions au sein du marché de l’emploi, la diminution de l’incertitude et les gains d’abordabilité découlant des baisses de prix précédentes en Ontario et en Colombie-Britannique devraient soutenir un rebond des ventes de propriétés au Canada par rapport à leurs creux de 2026. Cela rapportera probablement la croissance des prix moyens à l’échelle nationale en territoire positif, même si les gains devraient demeurer modestes dans un contexte de conditions atones en Ontario et en Colombie-Britannique et de ralentissement de la croissance ailleurs.
  • Les risques pesant sur les perspectives vont dans les deux sens. Une escalade plus généralisée ou plus prolongée des tensions au Moyen-Orient pourrait soutenir l’activité dans les régions productrices de pétrole, mais peser plus lourdement sur les importateurs de pétrole. En revanche, la demande accumulée en Ontario et en Colombie-Britannique pourrait être libérée plus rapidement ou plus vigoureusement que prévu. Les prochaines négociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) sont également importantes pour l’économie dans son ensemble et, par extension, pour le marché du logement. 

 Prévisions financières français

Perspectives des ventes et des prix des maisons

 

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