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Perspectives des marchés provinciaux de l’habitation : 

les coûts d’emprunt élevés devraient limiter la demande de logement

Rishi Sondhi, économiste | 416-983-8806

date publiée: 29 septembre 2026

 

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  • Le Canada n’a pas été à l’abri de la récente hausse des taux obligataires mondiaux, qui témoigne d’un contexte plus difficile pour les politiques budgétaire et monétaire (voir ici). Ces taux plus élevés (qui sous-tendent les taux hypothécaires fixes) ont probablement déjà des répercussions sur le marché canadien de l’habitation, les ventes ayant reculé en août pour la première fois depuis six mois. 
  • Comme les facteurs à l’origine de la hausse des taux devraient perdurer, nous avons revu à la hausse nos prévisions de taux obligataires pour l’année prochaine, par rapport à nos prévisions précédentes de juin (graphique 1). Cette révision à la hausse s’inscrit dans notre hypothèse de base selon laquelle la Banque du Canada maintiendrait le statu quo jusqu’en 2027 dans un contexte d’inflation sous-jacente proche de la cible et de baisse graduelle prévue des prix du pétrole brut.

Graphique 1 : Graphique linéaire comparant les prévisions de septembre et de juin 2026 concernant le taux des obligations du gouvernement du Canada à cinq ans, en pourcentage, du premier trimestre de 2025 au quatrième trimestre de 2027. Le taux passe de 2,61 % au premier trimestre de 2025 à 3,09 % au premier trimestre de 2026, avant d’atteindre 3,01 % au deuxième trimestre de 2026. Les prévisions de septembre sont supérieures de 0,60 point de pourcentage aux prévisions de juin au troisième trimestre de 2026, à 3,60 % contre 3,00 %, et de 0,55 point au quatrième trimestre de 2026, à 3,50 % contre 2,95 %. Les prévisions de septembre baissent ensuite graduellement à 3,35 % au premier trimestre de 2027, à 3,30 % au deuxième trimestre, à 3,15 % au troisième trimestre et à 3,05 % au quatrième trimestre. En comparaison, les prévisions de juin demeurent proches de 2,90 % tout au long de 2027, ce qui fait que la projection de septembre est supérieure de 0,15 point de pourcentage à la fin de 2027.  Graphique 2 : Graphique linéaire montrant les variations trimestrielles des ventes de propriétés existantes et des prix moyens des propriétés au Canada, du deuxième trimestre de 2026 au quatrième trimestre de 2027. Les ventes de propriétés ont augmenté de 4,2 % sur trois mois au deuxième trimestre de 2026 et d’environ 1,9 % au troisième trimestre, avant de reculer de 1,0 % au quatrième trimestre. Par la suite, les ventes ont augmenté de 0,5 % au premier trimestre de 2027, de 2,0 % au deuxième trimestre, de 2,0 % au troisième trimestre et de 1,7 % au quatrième trimestre. Les prix moyens des propriétés augmentent de 2,9 % au deuxième trimestre de 2026 et de 1,3 % au troisième trimestre, puis baissent de 0,5 % au quatrième trimestre et demeurent pratiquement inchangés au premier trimestre de 2027, avec un recul inférieur à 0,1 %. Par la suite, la croissance des prix se raffermit légèrement pour s’établir à 0,3 % au deuxième trimestre de 2027, à 0,6 % au troisième trimestre et à 0,7 % au quatrième trimestre.

  • Par conséquent, nos prévisions à court terme concernant la croissance des ventes de propriétés au Canada et de leurs prix moyens ont été revues à la baisse. Les ventes de propriétés au Canada enregistrent une baisse d’environ 5 % cette année et ne devraient pas regagner le terrain perdu en 2027. Si nous prévoyons toujours une croissance à peu près stable des prix moyens des propriétés au Canada cette année, ces derniers devraient augmenter à un rythme inférieur à 2 % l’année prochaine (graphique 2).
  • Le marché de l’habitation devrait demeurer atone en 2027, mais nos projections tablent sur une croissance trimestrielle positive (quoique modeste) tant des ventes de propriétés au Canada que de leurs prix moyens. Malgré tout, les ventes de propriétés devraient demeurer bien en deçà des niveaux d’avant la pandémie l’année prochaine. Les gains trimestriels anticipés devraient être favorisés par la poursuite de la libération de la demande accumulée. Les marchés de l’emploi devraient également s’améliorer graduellement, bien que les perspectives aient été revues à la baisse par rapport à nos projections précédentes en raison de la récente escalade du conflit commercial entre le Canada et les États-Unis. Plus important encore, ces prévisions dépendent d’une certaine baisse des taux obligataires canadiens à compter du quatrième trimestre et tout au long de l’année prochaine.
  • Après les baisses enregistrées en 2026, les ventes devraient augmenter en Colombie-Britannique et en Ontario l’an prochain. La demande accumulée devrait jouer un rôle prépondérant dans le soutien de l’activité. La hausse des ventes devrait rééquilibrer graduellement ces marchés (qui sont actuellement très favorables aux acheteurs), ce qui permettra aux prix de se stabiliser l’an prochain après les reculs observés en 2026 (graphique 3). Nous prévoyons toutefois des gains inférieurs à 1 % dans ces deux régions, freinés par une faible croissance démographique. Au Québec, la croissance des ventes et des prix ralentit en raison de la faiblesse de l’économie et de la faible abordabilité (graphique 4). Par ailleurs, certains signes indiquent que les ménages se montrent plus prudents dans ce contexte défavorable (comme en témoigne la hausse du taux d’épargne des ménages). Comme ces facteurs devraient persister, un rendement modeste semble probable en 2027. 

Graphique 3 : Graphique à barres comparant les rapports ventes-nouvelles inscriptions d’août 2026 à leurs moyennes à long terme en Ontario et en Colombie-Britannique. Le rapport de l’Ontario est de 42,0 %, soit 15,4 points de pourcentage de moins que sa moyenne à long terme de 57,4 %. Celui de la Colombie-Britannique est de 45,3 %, soit 10,3 points de pourcentage de moins que sa moyenne à long terme de 55,7 %.  Graphique 4 : Graphique à deux lignes illustrant la croissance moyenne sur trois mois en glissement annuel des ventes de propriétés et des prix de vente moyens au Québec de janvier 2025 à août 2026. La croissance des ventes de propriétés ralentit fortement, passant de 39,1 % en janvier 2025 à 15,8 % en mars, 9,9 % en mai et 3,0 % en novembre. La croissance des ventes devient négative à -3,6 % en décembre 2025 et recule encore pour s’établir à -8,6 % en janvier 2026. Après s’être redressée à -2,5 % en avril, elle fléchit de nouveau pour s’établir à -5,3 % en juin et à -6,9 % en août 2026. La croissance moyenne des prix ralentit plus graduellement, passant de 9,9 % en janvier 2025 à 8,4 % en septembre, 7,1 % en décembre, 5,6 % en mars 2026 et 4,4 % en août.

  • Dans les Prairies, nous prévoyons une croissance des prix d’environ 3 % cette année et l’année prochaine en Alberta, favorisée par une croissance économique relativement solide, mais plafonnée par la hausse des taux d’intérêt. En particulier, les prix n’ont augmenté que d’environ 3 % depuis le début de l’année, même si la hausse des prix du pétrole dope les revenus dans la province (graphique 5). L’abordabilité limitée et la faiblesse du contexte économique devraient maintenir la croissance des prix à un niveau modéré au Manitoba. En revanche, une abordabilité satisfaisante devrait soutenir des hausses relativement soutenues des prix en Saskatchewan à l’avenir

Graphique 5 : Malgré la forte hausse des prix du pétrole, le marché de l’habitation est atone en Alberta  Graphique linéaire illustrant la croissance sur 12 mois (cumul annuel) du prix moyen des propriétés en Alberta de juin 2025 à août 2026, ainsi qu’une ligne de comparaison de 5,1 % qui indique la croissance moyenne à long terme. La croissance des prix diminue, passant de 5,0 % en juin 2025 à 4,8 % en juillet, 4,4 % en août et 3,9 % en décembre. La croissance ralentit encore à 2,2 % en janvier 2026 et atteint un creux de 2,1 % en mars. Elle grimpe ensuite à 2,2 % en avril, 2,5 % en mai, 2,6 % en juin, 2,6 % en juillet et 2,7 % en août 2026.  Graphique 6 : Graphique à barres comparant la croissance cumulative des prix de vente moyens désaisonnalisés des propriétés résidentielles entre février 2020 et août 2026 pour le Canada et trois provinces de l’Atlantique. Les prix moyens augmentent de 30,4 % à l’échelle nationale, comparativement à 54,6 % à l’Île-du-Prince-Édouard, 85,2 % en Nouvelle-Écosse et 87,3 % au Nouveau-Brunswick.

  • Dans la région de l’Atlantique, la combinaison d’une faible croissance démographique, de coûts d’emprunt élevés et d’une abordabilité considérablement détériorée devrait maintenir la croissance trimestrielle annualisée des prix dans une fourchette de 1 % à 2 % en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard (graphique 6). Nous prévoyons une légère croissance des prix d’environ 1,5 % à Terre-Neuve-et-Labrador, en moyenne annuelle, en 2027. Toutefois, cette prévision s’explique en partie par la faible dynamique des données observée en 2026, qui peut avoir une incidence sur le calcul de la moyenne annuelle. Selon une variation en pourcentage d’un quatrième trimestre à l’autre (ce qui donne une meilleure idée des tendances de 2027), les prix devraient progresser d’environ 3 % à Terre-Neuve-et-Labrador, l’une des meilleures performances provinciales, soutenus par un contexte d’abordabilité favorable.
 

 Prévisions financières français

Perspectives des ventes et des prix des maisons 



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