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Perspectives économiques provinciales

Les tensions commerciales accentuent les écarts de croissance régionaux

date publiée: 21 septembre 2026

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Prévisions de croissance du PIB réel provincial (septembre 2026)  BC : 0,8 %  AB : 2,3 %  SK : 1,4 %  MB: 1,1 %  ON: 0,6 %  QC: 0,5 %  NB: 1,1 %  NS: 1,2 %  PE: 1,5 %  NL: 4,5 %
  • Conformément à nos prévisions nationales, nous avons revu à la hausse nos prévisions de croissance du PIB réel pour 2026 dans la plupart des provinces. Cela dit, les facteurs à l’origine de ces révisions à la hausse varient d’une province à l’autre : un solide deuxième trimestre soutient l’Ontario, la hausse de la production pétrolière stimule des provinces comme l’Alberta, tandis que les investissements appuient la croissance en Colombie-Britannique.  
  • Les écarts de croissance entre les régions devraient s’accentuer en 2027, alors que les droits de douane, les restrictions à l’exportation et la hausse des prix de l’énergie creuseront davantage le fossé entre les provinces productrices de ressources et celles dont l’économie est davantage axée sur le secteur manufacturier. L’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador profitent de la vigueur des prix du pétrole grâce à l’augmentation des revenus, des bénéfices et des recettes publiques. De plus, ces provinces sont relativement à l’abri des perturbations commerciales grâce aux exemptions accordées à certains produits de base et à la plus grande diversification de leurs marchés d’exportation. À l’inverse, l’Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick font face à un double vent contraire : une exposition disproportionnée aux droits de douane et des coûts énergétiques plus élevés, sans profiter de façon significative de la hausse des prix des produits de base.
  • Les gouvernements fédéral et provinciaux ont déployé de nouvelles vagues de mesures de soutien en réponse à l’intensification du conflit commercial, notamment des programmes de prêts, des subventions salariales, des aides financières directes et des bonifications de l’assurance-emploi. Ces mesures devraient compenser en partie les nouveaux chocs externes.
  • Les récents gains d’emploi supérieurs aux attentes ont fait reculer le taux de chômage dans la plupart des provinces. Toutefois, un ralentissement de l’activité d’embauche l’an prochain devrait limiter toute amélioration supplémentaire. Parallèlement, la forte baisse de la croissance démographique, qui prendra même la forme d’un recul absolu de la population en Ontario, au Québec, en Colombie-Britannique, au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador, limitera à la fois la croissance de la population active et les pressions à la hausse sur les taux de chômage.
  • La reprise du conflit au Moyen-Orient a fait remonter le prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI) vers le seuil des 100 $ US le baril et a ravivé une importante source d’incertitude pour les perspectives économiques. L’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador profitent d’importantes retombées financières attribuables à la flambée des prix de l’énergie, sous la forme de recettes publiques exceptionnelles, d’une augmentation des revenus dans le secteur de l’énergie et d’une hausse des bénéfices. Ailleurs, la hausse des prix représente une incidence nette négative.
  • La combinaison de la hausse des taux et de la révision à la baisse des perspectives d’activité économique justifie un abaissement généralisé de nos prévisions de croissance des ventes de logements et du prix moyen des propriétés. Quant à ce dernier élément, la Colombie-Britannique et l’Ontario font figure d’exception : des effets de composition, c’est-à-dire une croissance plus forte des ventes de propriétés haut de gamme, soutiennent les prix moyens. Cette tendance devrait persister à court terme.  

Prévisions Économiques : Québec

[ Taux de variation moyen annuel, sauf indication contraire ]

Sources : Statistique Canada, SCHL, ACI, prévisions des Services économiques TD.
Indicateurs économiques 2026P 2027P 2028P
PIB réel 0.5 1.2 1.3
PIB nominal 4.6 3.9 3.3
Emplois -0.7 0.5 1.0
Taux de chômage (%) 5.6 5.5 5.3
Mises en chantier (milliers d'unités) 58.6 52.0 50.3
Prix moyen de revente des maisons 4.2 1.6 3.1
Ventes de maisons existantes -5.4 1.1 3.1

L’économie québécoise, déjà faible, risque d’être touchée de façon disproportionnée par la nouvelle vague de droits de douane américains et de restrictions à l’exportation. De plus, l’économie abordait ce choc à partir d’une position plus fragile que celle du reste du Canada. En effet, les données mensuelles sur le produit intérieur brut (PIB) par secteur laissent entrevoir une progression annualisée de moins de 1 % du PIB au deuxième trimestre (graphique 1). Même si l’escalade du conflit commercial devrait peser sur la croissance durant le deuxième semestre de l’année, son incidence se fera davantage sentir sur la croissance annuelle moyenne du PIB réel en 2027. Par conséquent, nous avons intégré une révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage.

L’important secteur manufacturier du Québec a subi de plein fouet les effets du conflit commercial avec les États-Unis. Les nouvelles mesures américaines surviennent à un moment particulièrement mal choisi pour le secteur, qui commençait à montrer certains signes d’amélioration. Selon nos estimations, le gouvernement du Québec a mis en place au moins 4 milliards de dollars en mesures de soutien depuis le début de la guerre commerciale, soit l’équivalent d’environ 0,6 % à 0,7 % du PIB, notamment sous forme de soutien à la liquidité pour les entreprises. D’autres programmes ont également été annoncés en août. 

Le secteur de la construction résidentielle au Québec contribue cette année de façon importante à compenser les effets négatifs du choc tarifaire sur la croissance économique. Toutefois, nous croyons que la construction résidentielle perdra de son élan en 2027 en raison de la faiblesse de la croissance démographique et de la hausse des taux d’inoccupation des logements locatifs. Heureusement, la construction non résidentielle sera soutenue l’an prochain par d’importants projets, dont la mine Matawinie, le projet de tramway à Québec et l’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur.

Malgré une légère amélioration récente, l’activité d’embauche est demeurée faible (graphique 2). La province a perdu environ 30 000 emplois (sur 12 mois) depuis le début de l’année. Parallèlement, l’inflation est demeurée relativement élevée, s’établissant à 3,1 % en juillet, ce qui a freiné la croissance des salaires réels. Dans ce contexte, les ménages semblent faire preuve de davantage de prudence. En effet, leur taux d’épargne a augmenté au premier trimestre. Compte tenu de cette prudence potentiellement accrue des ménages, ainsi que de l’incertitude élevée et de la faiblesse économique qui devraient continuer de freiner l’activité d’embauche, nous prévoyons que les dépenses des ménages progresseront à un rythme modeste jusqu’à l’an prochain. 

La croissance des prix de revente de logements demeure relativement vigoureuse, s’établissant à 5 % sur 12 mois. Toutefois, la faiblesse des marchés de l’emploi et la hausse des taux devraient peser sur la demande de logements. Les marchés de la revente deviennent progressivement plus équilibrés. Par conséquent, nous croyons que la croissance des prix des logements ralentira au cours de la période à venir.

Le graphique 1 montre l’évolution de la croissance du PIB réel par secteur, du quatrième trimestre de 2024 au deuxième trimestre de 2026. La croissance du PIB réel du Québec s’est établie à un taux annualisé de 2,1 % au quatrième trimestre de 2024, puis à seulement 0,2 % au premier trimestre de 2025. Il a ensuite reculé de 2,2 % au deuxième trimestre de 2025, puis a pratiquement stagné durant le reste de l’année. La croissance s’est redressée pour atteindre 1,0 % au premier trimestre de 2026 et devrait s’établir à 0,3 % au deuxième trimestre. Le graphique 2 montre les tendances de l’emploi au Québec. Au cours des huit premiers mois de 2026, l’emploi a été en moyenne inférieur d’environ 27 900 travailleurs à son niveau observé durant la même période en 2025. Le secteur des services administratifs et de soutien a perdu 12 700 emplois. Le nombre d’emplois dans les secteurs exposés aux échanges commerciaux a chuté de 12 600 et dans les autres secteurs, d’environ 1 200.

Tableau

Prévisions Économiques Provinciales

Sources : Association canadienne de l'immeuble, SCHL, Statistique Canada, Services économiques TD. Prévisions des Services économiques TD, septembre 2026.
Les Provinces PIB réel
(variation, %)
PIB nominal
(variation, %)
Emplois
(variation, %)
Taux de chômage
 (moyenne, %)
Mises en chantier
(milliers d'unités)
Prix de revente des maisons (variation, %)
2026P 2027P 2028P 2026P 2027P 2028P 2026P 2027P 2028P 2026P 2027P 2028P 2026P 2027P 2028P 2026P 2027P 2028P
National 0.9 1.6 1.8 5.5 4.3 3.7 0.5 0.7 1.1 6.6 6.4 6.0 242.3 226.6 230.5 0.1 1.7 3.3
Terre-Neuve-et-Labrador 4.5 1.2 0.7 11.5 3.4 2.8 0.3 -0.6 0.1 9.5 10.8 11.3 1.8 1.5 1.3 4.2 1.4 2.5
Île-du-Prince-Édouard 1.5 1.6 1.5 5.9 4.2 3.5 2.7 0.1 0.3 7.5 7.8 8.0 1.9 1.3 1.1 4.0 2.3 2.6
Nouvelle-Écosse 1.2 1.5 1.5 5.7 4.0 3.5 1.7 0.8 0.3 6.7 6.9 6.9 7.4 6.7 6.1 0.5 1.9 2.3
Nouveau-Brunswick 1.1 1.1 1.0 5.0 4.1 3.1 0.8 0.0 0.3 7.2 7.4 7.4 6.5 4.5 3.1 0.4 1.8 3.2
Québec 0.5 1.2 1.3 4.6 3.9 3.3 -0.7 0.5 1.0 5.6 5.5 5.3 58.6 52.0 50.3 4.2 1.6 3.1
Ontario 0.6 1.5 1.8 4.4 4.3 3.8 0.6 0.9 1.4 7.2 6.9 6.4 61.5 63.1 79.7 -2.6 0.6 2.8
Manitoba 1.1 1.5 1.6 5.2 4.2 3.6 2.0 1.1 0.7 5.3 5.0 5.0 8.6 6.6 6.1 1.9 1.9 3.6
Saskatchewan 1.4 1.9 2.0 6.8 4.3 3.9 0.6 0.9 0.8 5.7 5.4 5.1 7.1 5.4 4.7 4.5 3.8 4.3
Alberta 2.3 2.4 2.1 9.3 4.2 3.7 2.9 0.8 0.9 6.6 6.2 5.8 47.8 42.6 35.2 2.5 2.5 3.6
Colombie-Britannique 0.8 1.7 1.9 4.6 4.7 3.9 -0.2 0.7 1.0 6.3 6.0 5.6 41.0 42.8 42.8 -1.3 0.9 2.3
 
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